Je suis un artiste, petite farce sans conséquence

Je déclare que ma vie est un acte artistique dont je suis l’auteur. Tous mes actes, pensées, sentiments, traces ; et par conséquent toute donnée relative à ces actes, pensées, sentiments, traces, fait donc partie intégrante d’une œuvre.

Cette œuvre est un acte permanent : mes rêves et mes ronflements font partie de l’oeuvre, de même que toute acte inconscient, au même titre que tout acte, pensée, sentiment, conscient.

Cette œuvre est le produit de toutes mes personnalités, réelles et virtuelles : donc tous mes actes, pensées, sentiments, traces, qu’ils soient produits en mon nom propre ou sous pseudonyme font partie intégrante de l’œuvre.

Il en découle que toutes les données relatives à ma vie – positionnement géographique ; publications de ce blog, ou de toute autre plateforme de blogging et de microblogging ; éléments publiés sur les réseaux sociaux présents ou à venir ; photos et vidéos dont je suis l’auteur ou l’acteur ; éléments de mes messageries électroniques ; données médicales ou fiscales ; votes et signatures de pétitions ; commentaires sur tout type site web ; liste non exhaustive – doivent être considérés comme des « données culturelles numériques » relative à cette œuvre qu’est ma vie.
Ces données m’appartiennent et sont par conséquent couvertes par la propriété intellectuelle.

Outre les données numériques, toute donnée physique que je peux laisser, consciemment ou inconsciemment dans la réalité – marque de pas ; fragment d’ADN, d’ARN, ou tout autre matériel génétique ou épigénétique connu ou inconnu ; onde sonore (paroles, sons, bruits) ; onde électromagnétique (dans le spectre visible ou invisible) ; odeur, phéromone ; champ magnétique et électrique ; mouvement (les miens ou ceux que j’imprime à mon environnement) ; liste non exhaustive – est à verser au sein de cette même œuvre.

Je déclare l’œuvre décrite ci-dessus sous licence CC – BY NC SA, licence que je me réserve le droit de modifier, de manière globale, ou au cas par cas pour chacune des données que je pourrais produire.

Bien entendu, cette déclaration a valeur rétroactive sur l’ensemble de ma vie depuis le jour de ma majorité ; et toute modification de cette déclaration aura aussi valeur rétroactive.

__________________________

Cette déclaration est une farce destinée à montrer l’absurdité d’une société que seul un acte désintéressé, artistique, une volte, semble pouvoir transcender.
L’œuvre d’art existe par son créateur, mais aussi par son public, seul à même de la révéler dans la réalité sensible. Le regard du spectateur est d’importance et transforme l’œuvre.

N’hésitez pas à lire le grandiloquent Manifeste : Principes d’une déclaration universelle de l’internaute et du créateur à l’heure du numérique du Forum d’Avignon 2013.

L’analyse la plus intéressante (la seule ? n’hésitez pas à m’en signaler d’autre) de ce texte est chez S.I.Lex.

L’article de Laurent Chemla sur un sujet très proche est tout aussi bon, comme d’habitude, Nous sommes tous des ayants droits.

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6 réflexions au sujet de « Je suis un artiste, petite farce sans conséquence »

    1. danlerouge Auteur de l’article

      Bonjour très cher premier commentateur de mon blog ! Je suis ouvert aux avis divergents, donc bien sûr j’approuve votre commentaire et vous en remercie.
      Un petit bémol cependant : vous n’analysez en rien le manifeste du Forum d’Avignon. Vous critiquez la position défendu par l’auteur du blog S.I.Lex ; ce qui est votre droit le plus strict, entendons nous bien.
      Ce que je retiens des deux positions, c’est que chacun prétend défendre les créateurs – merci à vous, je considère humblement en faire partie.
      Grâce au système marchand et à la libéralisation des moyens de diffusion les créateurs ont pu s’affranchir du mécénat, c’est entendu. Mais le verrouillage implacable autour de la notion d’auteur, pour faire face à la multiplication des moyens de diffusions à un coût dérisoire, provoque désormais la ruine des acteurs primaires de la création : les créateurs sont spoliés de leur revenus et le public est privé de l’accès aux contenus culturel.

      Dans ces conditions, je préfère opérer un changement de paradigme potentiellement générateur de richesse – culturelle et marchande – plutôt que soutenir un système à bout de souffle qui peine à enrichir le public comme les artistes.

      Quand à la transcendance, rien à voir avec la choucroute. Je n’ai que parcouru rapidement votre billet qui emploie les mots de religion et de doctrine, ça m’a suffit. J’utilise pour ma part un verbe, dont le sens en philosophie est celui du dépassement inclusif : je cherche à dépasser l’absurdité du système en incluant sa propre absurdité pour mieux y réussir.

      Répondre
      1. Menbiens

        ^^ Certes, pas d’analyse du manifeste… sauf en tant qu’absurdité répondant à d’autres absurdités (Cf conclusion :)

        Verrouillage ? Qui de l’utilisation volontaire des licences libres ?

      2. danlerouge Auteur de l’article

        L’intérêt de la licence libre dans un système marchant est justement de d’empêcher l’utilisation marchande d’une création que son auteur ne veut pas voir transformée un bien monétaire alors qu’il l’offrait au public. Le domaine public n’offre plus cette protection puisqu’il est devenu synonyme de source gratuite pour créer de la valeur marchande. La licence libre est par conséquent un verrouillage tout comme le copyright.

        Je m’en vais répondre à votre conclusion sur votre blog, il est injuste que je sois le seul à profiter de cette discussion.

      3. Menbiens

        Je n’ai pas remis en cause l’intérêt du domaine public. Sinon, des licences libres offrent également la possibilité d’usages commerciaux.

        Bienvenu. :) En plus, avec une catégorie intitulée « Feed the troll », vous me prêtez à rêver à de longs échanges. ^^

      4. danlerouge Auteur de l’article

        hum… vicieuse, cette interface wordpress. Trois billets et deux commentaires, et déjà la moutarde monte.

        je reposte ici ma réponse :
        Vous avez raison, il est tout a fait possible de faire d’une licence CC une totale absence de droit et donc de contrôle de la part de l’auteur. Mais ma réponse ne porte pas que sur le domaine marchand : je parle bien de contrôle, et donc de verrou.

        Amusé que vous ayez remarqué la catégorie. Vous êtes ma première prise…

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